• Dans le chaudron de la sorcière :

    Dans le chaudron de la sorcière :

     

    Les sorcières préparaient diverses mixtures. Les recettes “publiées” étaient si compliquées et demandaient des ingrédients impossibles à trouver ou n’existant pas !

    C’était un peu l’humour noir de la sorcière soumise à la “question” et qui semblait savourer de raconter n’importe quoi à l’inquisiteur… Petite vengeance bien pardonnable n’est-ce pas ?

    Par contre, elles utilisaient diverses potions à base de végétaux dans lesquels elle ajoutait divers venins de crapauds ou de serpent.

     

    Aconit

    Plante très vénéneuse. Rien que de la cueillir, elle transmet son poison au travers de la peau. Poison par excellence. Quelques grammes de la racine suffisent. La mort survient après une demi-heure…

     

    Belladona

     

    C’est une plante très commune, la belladone.

    Pas plus d’un pour cent d’alcaloïdes : hyosciamine et atropine, excitants du système nerveux central. Très peu de scopolamine. Mais ça suffit !

    Voici une première explication de son nom :

    L’unique médecin du peuple, pendant mille ans fut la Sorcière. Les empereurs, les rois, les papes, les plus riches barons avaient quelques Docteurs de Salerne, des Maures, des Juifs, mais la masse de tout état, et l’on peut dire le monde, ne consultait que la Saga ou Sage-femme. Si elle ne guérissait pas, on l’injuriait, on l’appelait sorcière. Mais généralement, par respect mêlé de crainte, on la nommait Bonne Dame ou Belle Dame du nom du même qu’on donnait aux fées. (Michelet)

    Et une deuxième :

    Pour faire une personne un peu folâtre et qui pense être la plus belle du monde, il lui faut boire une dragme de (l’extrait de) cette racine. Que si on la veut faire plus folle, il lui faudra bailler deux dragmes. Mais qui voudra la faire demeurer folle toute sa vie, il lui convient bailler à boire trois dragmes de cette racine et non plus ; car si on baillait quatre, on la ferait mourir. (Matthiole en 1548 dans “Commentaires sur Dioscoride”) 

    Sous forme d’onguent, et appliquée sur la peau elle la rendait insensible. D’où certainement le test de Stigmati diaboli…

     

    Ergot de seigle

    La peste “maladie de feu” ou “Feu sacré”

    Cette maladie était due à l’ergot de seigle, une sclérote, forme de champignon parasite du seigle, mais aussi d’autres céréales (blé…) Il y eut de grandes épidémies de cette “peste” car on n’avait pas déterminé son origine. Sauf peut-être quelques sorcières…

    Un complexe d’alcaloïdes présent dans cet espèce de champignon produisait une horreur absolue : le malade commençait à avoir une migraine puis des douleurs atroces dans les membres, suivies de gangrène sèche et de pertes de membres, oui, les doigts, et même les bras et les jambes se desséchaient et tombaient !

    Avec de telles horreurs comment ne pas croire en de vrais sortilèges ?

    D’autant plus que l’ergot de seigle poussait sur la céréale lors des printemps très humides, ce qui donnait une mauvaise récolte. La maladie se déclenchait sous forme d’épidémie en pleine disette…

    Aujourd’hui, l’ergot de seigle est une vraie mine de pharmacopée !

     

    Jusquiame

     

    Les voleurs de poule s’en servaient pour endormir les gallinacés… Les tziganes le cultivaient dans ce but.

    Elle contient les mêmes alcaloïdes que la belladone mais en plus beaucoup de scopolamine sédative

    Jus maudit, plante maléfique, elle provoque des hallucinations, la sensation de voler dans les airs. Du coup, les plus malins tentèrent de la retourner contre la sorcellerie comme l’évêque Albert le Grand qui lui reconnaissait un rôle dans la conjuration des démons par les nécromants.

     

    Mandragore

     

    Une plante mythique. Elle pousse un cri quand on l’arrache, du moins c’est ce que prétendent les sorciers pour faire peur et la garder pour eux seuls…

    La forme humaine de sa racine la rend fantastique.

    Elle contient des alcaloïdes sédatifs et engourdissants comme la jusquiame. Utilisée par le chirurgien, qui alors se rapproche dangereusement de la réputation de sorcier…

    Voici une recette (très difficile à mettre en application…) pour transformer cette plante en être mythique. Planter une mandragore au pied d’un gibet. Pour être efficace, au pied d’un gibet ancien qui a vu nombre de pendus afin que tous les jus et graisses des morts imprègnent la terre. Veiller à ce que l’éjaculation du pendu au moment de la pendaison tombe sur votre plantation. Attendre, puis amener un chien muni d’une laisse fabriquée des cheveux d’une vierge. Attacher l’autre extrémité de la laisse de cheveux à la mandragore et s’éloigner. Appeler le chien. Il accourt, déracine la mandragore et la foudre tombe sur lui. Ramasser la mandragore et vous l’avez vivante et  vous ferez fortune

     

    Compositions chimiques des solonacées :Elles contiennent des alcaloïdes-esters comme l’hyosciamine et l’atropine. Et la scopolamine.

    Tout cela a les effets suivants : dilatation des pupilles, accélération du cœur, vasoconstriction, dilatation bronchique…

    L’hyosciamine et l’atropine sont excitantes. Elles provoquent un délire furieux et crise enragée.

    La scopolamine est au contraire dépressive et hallucinogène.

    Enfin n’oublions pas, dans les solonacées, dans les groupes non mydriatiques : le tabac et sa nicotine.


  • Commentaires

    1
    catandcie
    Dimanche 18 Octobre 2009 à 17:36
    Ah la belladona et la mandragore.... très connues ces plantes là... hi hi hi.... :)
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