Ci-dessus différentes représentations de la Manticore
Au plus profond des jungles orientales rôde un monstre redoutable, hybride de lion, d’homme et de scorpion : la Manticore. D’une rare sauvagerie, elle s’attaque surtout aux humains et se repaît avec délectation de leur chair délicate.
La Manticore est l’une des terrifiantes créatures du bestiaire fantastique. Son nom suffit à faire naître la peur : provenant du persan ancien « Mardkhora », il signifie « mangeur d’homme ». En effet, la chair humaine est l’aliment de prédilection de cette étrange chimère aussi féroce que cruelle … Vivant traditionnellement en Mésopotamie, en Perse et en Afrique du Nord, la Manticore s’est installée sous nos latitudes au Moyen Age : à cette période, on la rencontre très souvent dans les bestiaires de l’ouest de l’Europe.
La Manticore est composée d’un corps de lion d’un rouge ardent et d’une tête d’homme, ornée d’une crinière semblable à celle du roi des animaux. Sa queue, terminée par un dard venimeux de scorpion, est plantée sur toute sa longueur d’aiguillons empoisonnés qu’elle peut projeter comme des flèches sur ses ennemis jusqu’à dix mètres de distance. Sa gueule s’ouvre sur trois rangées de crocs acérés qui s’imbriquent parfaitement lorsqu’elle la referme. Enfin, bien qu’elle soit généralement considérée comme un animal terrestre, certains prétendent qu’elle possède des ailes de chauve-souris.
La Manticore est un fameux chasseur : aussi rapide qu’un cerf, elle possède en outre toute la puissance et l’agilité du grand félin auquel elle a emprunté son corps musclé. Elle est aussi dotée d’une arme secrète et très puissante : sa voix, au son comparable à celui d’une trompette, possède le pouvoir d’ensorceler celui qui l’entend. D’un caractère violent et belliqueux, elle n’hésite pas à s’attaquer à des adversaires faisant plusieurs fois sa taille et elle tue tous ses ennemis d’un seul coup de dent ou de griffes, avant de les déchiqueter sauvagement. On prétend que le seul animal à pouvoir résister aux attaques de la Manticore est l’éléphant. C’est pourquoi, jadis, dans les régions que cette bête cruelle fréquentait, on voyageait à dos de pachyderme pour s’en protéger.