Plusieurs récits parlent de lutins qui se montrent parfois, pres des eaux stagnantes, sous une forme animale, pour s'amuser aux dépens des voyageurs.
On raconte dans l'Aveyron qu'un jour le drac prit celle d'un petit mouton égaré qui bêlait au milieu d'une mare. Un paysan retroussa ses chausses, traversa avec peine le marécage et le chargea sur ses épaules ; mais au milieu du marais, il ne pouvait aller ni en avant, ni en arrière tellement ses jambes se trouvaient prises, et comme enchaînées par les roseaux. Quand il fut débarrassé, la petite bête devint terriblement lourde ; lorsqu'il arriva à l'autre bord, le jeune agneau se trouva être une énorme chèvre qui, d'un bond, s'élança vers la rive et lui cria "M'as plo cariouta!"
En Lorraine, les lutins des eaux sont simplement espiègles. A Cornimont, Cuba, qu'ailleurs on nomme Cula, suit en riant les pierres que les enfants jettent dans les mares. Mais les Culards de la Champagne, qui apparaissent la nuit de l'Avent, courent sus aux voyageurs pour les noyer dans l'étang de Bury, et nombre d'autres lutins ont un rôle tout aussi malfaisant.